— Frabrice Barlesi : L'Institut Gustave Roussy est le premier centre européen de lutte contre le cancer, premier centre français classé sixième mondial.
C'est un lieu où on fait à la fois des soins, évidemment. Plus de 24000 nouveaux patients, 50000 patients hospitalisés, 300000 consultations par an. Mais aussi de la recherche avec 1400 chercheurs, plus de 7000 patients inclus dans des essais cliniques, mais aussi de l'enseignement. Le nouveau bâtiment qui est en construction est un bâtiment qui va être dédié à nos activités de recherche. Gustave Roussy a une recherche qu'on appelle translationnelle, c'est à dire qui part des questions posées par les patients. Pourquoi un patient a répondu à un traitement ? Pourquoi un patient a fait une toxicité ? Un patient a résisté à un moment à un traitement. Et dans ce bâtiment, l'ensemble des chercheurs impliqués autour de toutes ces recherches, qui va aller de l'épidémiologie à l'intelligence artificielle, à la biologie moléculaire mais aussi à la création de médicaments vont être tous regroupés dans ce même bâtiment.
L'important, c'est que tous ces chercheurs puissent, parfois, du fait du simple hasard, se rencontrer, discuter, échanger. Et on sait que c'est comme ça que la valeur scientifique est créée.
Gustave Roussy a aujourd'hui 43 équipes de recherche. Notre ambition est d'arriver à 60 équipes de recherche d'ici la fin de la décade. Il nous faut les locaux pour les accueillir. Ce bâtiment de recherche a un coût de plus de 160 millions au total. Gustave Roussy, met en fonds propres, quasiment 50 millions aujourd'hui. Mais nous avons bénéficié d'un prêt de 110 millions d'euros de la Banque des territoires. Ce projet n'aurait évidemment pas pu voir le jour sans ce prêt. Avoir un prêt de la Banque des territoires, c'est d'abord bénéficier de prêts à un taux extrêmement attractif. Un prêt sur 30 ans, c'est évidemment la possibilité sur Gustave Roussy d'être accompagné sur une durée longue. Compatible et en adéquation avec ses objectifs et son ambition. Mais c'est aussi ne pas mettre en péril notre capacité à continuer à investir sur les talents, sur les plateformes technologiques et bien sûr sur nos programmes de recherche qui sont quand même l'essentiel de l'ADN de notre recherche.
— Olivier Capitanio : Le Département a décidé d'accompagner ce nouveau projet de centre de recherche en accordant une garantie d'emprunt de près de 60 millions d'euros. C'est la plus grosse garantie d'emprunt que le Département n'ait jamais donnée. Les bénéfices attendus, ils sont double pour le territoire.
D'abord renforcer l'excellence médicale du territoire, avec l'arrivée notamment d'équipes de chercheurs et d'un bâtiment de recherche aux meilleurs standards internationaux. Un élément aussi d'attractivité en la matière.
Et deuxièmement, il ne faut pas oublier que l'Institut Gustave Roussy non seulement est un centre de recherche, mais c'est aussi un lieu de soins. Et donc pour les Val de Marnais et pour les Franciliens en général, c'est la possibilité d'avoir accès aux meilleurs standards en matière de soins en oncologie actuelle, sachant que le cancer est malheureusement la première cause de mortalité.
— Frabrice Barlesi : Guérir 80% des patients d'ici 2040, c'est à dire augmenter de 15% par rapport à ce qui est fait aujourd'hui, on guérit à peu près 2/3 des patients, c’est l'objectif de Gustave Roussy.
Ce bâtiment va nous permettre de mener des programmes de recherche, notamment sur un nouvel axe de recherche qui est celui du développement de médicaments sur mesure. Et c'est justement en venant compléter nos activités de recherche historique, qui étaient celles à la fois de la compréhension des tissus, qui étaient celles de la compréhension du micro environnement, mais maintenant de développer avec les data un axe sur la fabrication de médicaments et de nouvelles possibilités thérapeutiques. Et c'est en ça, grâce à ces médicaments développés sur mesure, que nous participerons à l'objectif de guérir 80% des patients d'ici 2040.