_ Arnaud Vanneste : "Pulsations 2024-2028", c'est la feuille de route du CHU de Nancy pour construire son avenir, qui va comprendre notamment la reconstruction et le regroupement de nos forces sur un seul et même site avec un gros chantier. On a à la fois une population qui vieillit, des multimorbidités, c'est-à-dire que quand on est malade, on a d'autres pathologies associées.
En plus, ces morbidités arrivent plus tôt dans la vie. On a cette triple accélération et on est déjà dedans.
Dès 2026, on a constaté dans l'hiver +8 % de passages aux urgences sur les personnes âgées qui n'ont rien à voir avec la vaccination, la grippe ou les épidémies.
"Pulsations", c'est pour anticiper les évolutions à 10 ans sur les pathologies, les évolutions de la population, les évolutions sociétales qui affectent le personnel, les proches, les aidants, les évolutions scientifiques et médicales, et qu'on puisse mettre cette anticipation pour, aujourd'hui, prendre les bonnes décisions pour être au rendez-vous à 10 ans.
Donc, là, sur le nouveau CHU, on va avoir une échelle immense, on va avoir 1 300 lits, on va avoir 49 salles de bloc, on va avoir la même structure qu'aujourd'hui avec plusieurs centaines de lits sur les soins critiques.
De la même manière, des centaines de box de consultation, des plateaux d'exploration.
L'objectif est d'avoir une structure moderne pour accueillir et prendre en charge. Nous faisons appel à la Sfil, la Banque Postale et au groupe Caisse des Dépôts pour financer ce projet.
_ Olivier Grimberg : La Sfil est une banque publique de développement, filiale du groupe Caisse des Dépôts, avec trois missions, dont celle de financer les hôpitaux français.
_ Cédric Tabouret : Notre établissement, la Banque Postale, est le premier établissement prêteur bancaire auprès des structures de santé.
Nous pouvons donc accompagner le CHRU de Nancy dans tous ses besoins.
_ Arnaud Vanneste : La cancéro, c'est le gros challenge pour les 2 décennies à venir. On va avoir, dans les 10 ans qui viennent, une multiplication par deux du nombre de cas. L'évolution des thérapeutiques en cancéro nécessite d'avoir chacune des spécialités d'organes, parce que les immunothérapies, qui permettent presque même de guérir des cancers qui étaient inguérissables il y a 5 ou 10 ans, engendrent beaucoup d'autres toxicités sur les organes et ça suppose d'avoir des pathologies d'organes bien représentées. La cancérologie, ça représente 20 % de notre activité.
Au CHU de Nancy, on a une unité de thérapie cellulaire et un intégrateur labellisés par l'Agence nationale de la recherche. C'est des champs thérapeutiques qui sont très prometteurs en termes d'indication. C'est en fort développement.
La Caisse des Dépôts a la capacité de construire des politiques publiques. Quand on veut réfléchir de la sorte avec les collègues de la Caisse des Dépôts, avec d'autres collègues autour des thématiques du grand âge, du vieillissement, on est dans la construction des politiques publiques, ce qui est bien plus passionnant et qui fait sens pour nous. On est vraiment dans le cœur de notre métier.