— Guillaume Exinger : CDC Habitat Sainte-Barbe est là pour participer et accompagner la transformation d'un territoire, territoire industriel, territoire minier et finalement accompagner les populations dans la transformation de ce territoire. À Sainte-Barbe, on a une particularité, c'est qu'on a, plus de 60 % de nos locataires qui ont plus de 60 ans. Nos anciens mineurs, qui représentent 35 % de l’occupation de nos logements, ont en moyenne plus de 76 ans. Donc, quand on va échanger avec eux, leur premier souhait, c'est de rester le plus longtemps possible dans leur logement. C'est plus qu'un lieu de vie, c'est un lieu d'affect. C'est là qu'ils ont vu grandir leurs enfants, c'est là qu'ils ont eu un certain nombre de souvenirs et donc ils nous demandent avant toute chose des travaux à l'intérieur des logements qui leur facilite la vie. Et l'acte fondateur, l'acte fort, ça a été de dire jusqu'aux logements de type cinq, nous supprimons les baignoires et nous les remplaçons systématiquement par des douches avec des receveurs qui sont le plus plat possible pour éviter d'avoir à lever la jambe. Et donc c'est quelque chose qui facilite la vie de nos publics vieillissants au quotidien. Dans un second temps, nous avons fait un gros effort sur l'équipement en ascenseurs de nos immeubles et nous sommes fiers aujourd'hui d'avoir plus de 1300 logements qui sont accessibles par ascenseur. En complément à ce travail sur le parc existant, nous avons développé ce qu'on appelle des Papy-lofts, des résidences dédiées à des publics seniors, au cœur de nos cités. Ça veut dire ne pas être déstabilisés par rapport à leur environnement, retrouver les repères qu'ils ont eus et qu'ils ont toujours eus.
— Serge Ettighoffer : Papy-loft c'est un lieu de rencontre. C'est un petit lotissement où on retrouve beaucoup de personnes âgées. En plus, il faut savoir qu’ici c'est que des ayants droit, c'est-à-dire les anciens mineurs et la plupart des gens se connaissent. Donc ils habitaient déjà dans la cité, la plupart. C'est vrai qu'ici on se sent très bien. Ce qui m'intéressait, c'était le plain-pied. J'ai été opéré de la hanche, enfin des deux hanches, plus le genou, plus le dos, moi, les escaliers, je ne pouvais plus.
— Sabine Manco : On sait que la qualité du logement est déterminante pour bien vieillir chez soi, mais l'accès aux services de proximité est vraiment un facteur important pour le maintien à domicile. La première chose qu'on réalise au sein de nos quartiers, c'est la construction de maisons médicales. À titre d'exemple, nous avons construit une maison médicale à Behren-lès-Forbach, au centre du quartier. Donc dans ce centre médical on retrouve, l'ensemble de l'offre de soins nécessaires aux résidents. Nous, en tant que bailleur, on a un rôle important à jouer en matière de lien social, mais également pour être au plus près de nos locataires. Donc c'est dans cette logique que le groupe CDC Habitat a mis en place la grande conversation, qui est une démarche qui consiste à aller au plus près de nos locataires, au domicile de nos locataires seniors. Cela permet d'avoir un temps d'échange avec le locataire sur la façon dont il vit le logement, comment il se sent au sein de sa résidence, au sein de son quartier. Et on évoque également avec lui son sentiment sur l'isolement. - On est pratiquement dans un petit village. À partir du printemps et de l'été, on se réunit sur les terrasses, on se boit des cafés, il y a une proximité avec les voisins. Pour moi, le Papy-loft, c'est ce que j'attendais depuis longtemps.